Ispahan

Ispahan
(fa) اصفهان
Administration
Pays Drapeau de l'Iran Iran
Province Ispahan
Maire Mortéza Saghaiannejad
Indicatif téléphonique international +(98) 31
Démographie
Population 2 031 324 hab. (2015)
Population de l’agglomération 5 719 578 hab. (2015)
Géographie
Coordonnées 32° 41′ Nord, 51° 41′ Est
Altitude 1 574 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Iran

Voir la carte topographique d'Iran

City locator 15.svg
Ispahan
Liens
Site web http://www.isfahan.ir
Sources
Index Mundi

Ispahan ou Isfahan (en persan : اصفهان, EsfahānPrononciation du titre dans sa version originale Écouter) est une ville d’Iran, capitale de la province d’Ispahan. Elle est située à 340 kilomètres au sud de la capitale, Téhéran. Troisième ville d’Iran en nombre d’habitants (après Téhéran et Mashhad) avec 2 031 324 habitants en septembre 2015, la zone métropolitaine d’Ispahan est un des centres majeurs de l’industrie et de l’enseignement en Iran.

Ispahan a été capitale de l’empire perse sous la dynastie des Safavides entre le XVIe siècle et le XVIIIe siècle. La ville est bien irriguée et noyée de verdure, ce qui offre un contraste bien particulier avec les étendues désertiques qui l’entourent. Les travaux entrepris sous le chah Abbas faisant d’Ispahan une vitrine de l’architecture et de l’art safavide extrêmement raffiné, ainsi que les nombreux monuments islamiques construits entre le XIe et le XIXe siècle, font d’Ispahan un des joyaux du Moyen-Orient.

La place Naghsh-e Jahan (en persan: میدان نقش جهان) est classée au patrimoine mondial de l’humanité depuis 1988.

Toponymie


Place Naghsh-e Jahan. À gauche, la Mosquée du Cheikh Lotfallah (Masjid-i Sadr), au fond la Mosquée du chah, à droite, le Palais d’Ali Qapu

Le nom de la ville en vieux-perse était Aspadana, devenu Spahān ou Espahān en moyen-perse puis Esfahan après la conquête musulmane.

L’alphabet arabe ne possédant pas le son /p/, le nom de la ville est devenu Esfahan après la conquête par les arabes en 651. On trouve également des transcriptions telles qu’Isfahan ou Ispahan qui ont pour origine des accents différents.

« Esfahan Nesf-e Jahān » (en persan: اصفهان نصف جهان) est un jeu de mot sur son nom qui dit que cette ville est « la moitié du monde »

Géographie


Situation

Ispahan est située dans le centre de l’Iran, au cœur du plateau iranien (32° 40′ N, 51° 40′ E), à 1 574 mètres d’altitude, à l’est de la chaîne des Zagros. Ispahan a été fondée dans la plaine du Zayandeh rud (dont le nom signifie « rivière qui donne la vie »), au bord de ses rives. Ce site est une oasis au milieu de l’aride plateau iranien, à 340 kilomètres au sud de Téhéran.

Ispahan est située au centre des routes qui traversent l’Iran du Nord au Sud ou d’Est en Ouest, sur les routes commerciales entre la Chine et l’empire ottoman, et entre le golfe Persique et la Russie. Cette position stratégique économiquement parlant, la fertilité des terres entourant la ville, le climat — rendu plus frais par l’altitude — ainsi que la présence d’eau en abondance dans un pays aride ont été des éléments déterminants pour le développement1 et également pour le maintien de cette ville en tant que centre urbain qui a survécu à des cycles de prospérité et de déclin2.

Hydrographie


Le Zayandeh rud (pont Allahverdi Khan).

Le Zayandeh rud à sec (mars 2001).

Le Zayandeh rud, une des rares grandes rivières permanentes du plateau iranien, se jette dans un lac salé (lac Gavkhuni) dans le désert. Le bassin du Zayandeh rud s’étend jusqu’à 90 kilomètres au nord d’Ispahan et des vents frais soufflent depuis le nord et rafraîchissent le bassin. Ce bassin, qui couvre 41 500 km2 au centre de l’Iran, est rattaché à l’histoire d’Ispahan. En effet, la ville d’Ispahan est le centre de ce bassin. Cette position lui a partiellement donné son importance historique et économique dans l’histoire du pays3. La ressource en eau de rivière a augmenté de 50 % (représentant 790 millions de m3) au cours des dernières années du XXe siècle grâce à la construction de deux aqueducs qui conduisent l’eau du Kuhrang vers le Zayandeh rud4.

Un réseau artificiel, dont les composants sont appelés madi, a été utilisé au moins depuis le XVIIe siècle pour fournir de l’eau aux habitants et aux cultures de la ville et de ses alentours. Dessiné par Sheikh Bahai, un ingénieur de chah Abbas, ce réseau comporte 77 madis sur la partie nord, et 71 sur la partie sud du Zayandeh rud. En 1993, ce réseau plusieurs fois centenaire fournit 91 % des besoins agricoles en eau, 4 % des besoins industriels, et 5 % des besoins de la ville. D’après une étude conduite par des chercheurs iraniens, 35 % de ce réseau aurait été détruit avec la modernisation qu’a connue la ville depuis les années 19605.

Une partie de l’eau du Zayandeh rud a été détournée en 2001 en amont d’Ispahan, causant une nette baisse de niveau de la rivière dans la ville6.

Climat


Le climat d’Ispahan et de la région qui l’entoure est semi-désertique avec une période de sécheresse s’étendant d’avril à novembre. Les précipitations moyennes annuelles sont de 130 millimètres, la plupart ayant lieu durant les mois d’hiver, entre décembre et avril, sous forme de neige ou de pluie. Durant l’été, il n’y a aucune précipitation. L’écart entre l’été et l’hiver est sensible, avec une moyenne de 30 °C en juillet et de 3 °C en janvier. L’évapotranspiration potentielle annuelle est de 1 500 millimètres par an, rendant toute forme d’agriculture impossible sans irrigation4.